Faut-il remplacer votre Chief Data Officer ? Les 7 signaux à surveiller
Faut-il remplacer son Chief Data Officer ? La question est délicate. Elle touche à la fois à la performance d’une fonction stratégique, à la relation humaine avec un dirigeant en poste, et souvent à des investissements engagés depuis plusieurs années.
Depuis 2012, Uman Partners accompagne des COMEX confrontés à cette décision. À force d’intervenir en amont — diagnostics, transitions, remplacements — nous avons dégagé des constantes. Des signaux faibles qui, pris isolément, ne justifient pas une décision. Mais qui, accumulés, dessinent un schéma reconnaissable.
En voici sept.
La question pertinente n'est pas « faut-il remplacer ? » mais « combien de temps puis-je me permettre d'attendre avant d'agir ? »
Signal 1 — Les projets data n’ont pas d’impact mesurable
Les équipes sont actives, les dashboards se multiplient, mais personne au COMEX ne peut citer un exemple concret d’impact business sur les 12 à 18 derniers mois.
Ce n’est pas un problème de volume d’activité. C’est un problème de priorisation. Un Chief Data Officer dont la feuille de route est déconnectée des priorités de l’entreprise produit de l’animation, pas de la valeur. L’infrastructure technique progresse, les cas d’usage restent hypothétiques.
Signal 2 — Le CDO ne parle pas le langage du COMEX
Les présentations sont techniques, centrées sur les outils et les architectures. Les autres directeurs ne comprennent pas la valeur. Les questions sur le ROI restent sans réponse satisfaisante.
Un Chief Data Officer — ou un Chief AI Officer — est un business partner, pas un CTO adjoint. Sa capacité à traduire des sujets data en enjeux de compétitivité, de coût ou de risque est indispensable pour obtenir les arbitrages et mobiliser les métiers. Sans elle, la fonction data s’isole progressivement.
Signal 3 — Les métiers contournent la data team
Les directions métiers font appel à des cabinets externes ou recrutent leurs propres data analysts. Le Data Office n’est plus sollicité, ou seulement pour des demandes secondaires.
Ce signal est particulièrement révélateur : il traduit une perte de confiance dans la capacité de la fonction data à délivrer dans des délais acceptables. Il s’accompagne souvent d’une multiplication de silos, d’une gouvernance inexistante et d’un Directeur Data ou Head of Data qui perd son mandat sans en prendre conscience.
Signal 4 — Turnover élevé dans l’équipe data
Les profils seniors partent après 12 à 18 mois. Les recrutements deviennent difficiles, parfois dégradés. La continuité des projets est compromise.
Le turnover sur des profils data est coûteux et visible. Il révèle souvent un management défaillant, une vision insuffisamment claire, ou une culture où les meilleurs — qui ont le choix — partent en premier. Chez Uman Partners, nous suivons certains talents depuis plus de dix ans : quand une organisation perd régulièrement ses meilleurs profils data, ce n’est jamais un hasard.
Signal 5 — Les roadmaps changent tous les trimestres
Les priorités évoluent sans cohérence. Les projets sont abandonnés en cours de route. L’organisation ne sait plus où va la stratégie data.
Un test simple : demandez à trois interlocuteurs — un membre du COMEX, un directeur métier, un collaborateur de l’équipe data — de citer les grands axes stratégiques de la data. Si vous obtenez trois réponses différentes, ou aucune réponse précise, c’est un signal très révélateur d’absence de cap.
Signal 6 — Pas de gouvernance data opérationnelle
Après 18 mois ou plus, il n’existe toujours pas de catalogue de données structuré, pas de règles de qualité documentées, pas de propriétaires data identifiés dans les métiers.
La gouvernance n’est pas un sujet annexe : c’est ce qui permet de passer à l’échelle. Le baromètre Gartner sur le rôle des CDO confirme que la gouvernance opérationnelle reste le premier levier d’impact cité par les directions data.
. Un Directeur Data focalisé sur les use cases sans poser ces fondations construit sur du sable. Chaque nouveau projet repart de zéro, les projets IA se heurtent à des données non fiables, et la dette technique s’accumule. Nous avons consacré un article dédié à ce que recouvre réellement la gouvernance des données →
Signal 7 — Le CDO ne collabore pas avec le DSI ou le CTO
Tensions récurrentes entre data et IT. Blocages sur l’infrastructure, les accès, la sécurité. Les projets avancent par contournement plutôt que par coopération.
Data et IT sont interdépendants. Un Chief Data Officer ou un Chief AI Officer qui ne sait pas construire cette alliance est structurellement limité dans ce qu’il peut délivrer. Les guerres de territoire dans cet espace coûtent cher — en délais, en frustration et en projets abandonnés.
Trois options, pas une seule
Reconnaître ces signaux ne conduit pas automatiquement à un remplacement. L’expérience accumulée par Uman Partners sur ce type de situation montre que trois options méritent d’être sérieusement évaluées — et que le choix dépend autant du contexte organisationnel que du fit humain avec les parties prenantes.
Accompagner le CDO
Lorsque les signaux sont récents ou isolés, le problème n’est pas nécessairement la personne mais son niveau d’exposition à certaines dimensions du rôle. Les Head of Data qui accèdent à un premier poste de CDO ont souvent la légitimité technique mais manquent d’expérience sur l’interface COMEX, la conduite du changement ou le pilotage stratégique. Un dispositif de mentoring structuré — avec un praticien senior qui intervient en shadow ou en accompagnement régulier — peut suffire à débloquer la situation.
Renforcer en binôme
Lorsque plusieurs signaux sont présents, un accompagnement seul ne suffira pas. Le recours à un manager de transition data en renfort ciblé permet d’agir sur les dimensions critiques — transformation organisationnelle, interface métier, déploiement de projets prioritaires — pendant que le CDO en place continue de progresser. Cette option exige un fit de personnalité entre les deux profils : un binôme qui ne fonctionne pas humainement est contre-productif. C’est précisément pour cette raison qu’Uman Partners accompagne la construction de ce binôme, pas seulement le placement d’un profil.
Remplacer
Lorsque les signaux sont nombreux, persistants, et que l’organisation en subit les conséquences mesurables, une décision s’impose. Le remplacement d’un Chief Data Officer appelle des questions précises : quel délai est acceptable ? Faut-il un manager de transition qui rassure les équipes pendant la transition, ou un profil qui reprend le contrôle rapidement ? Quel style de leadership correspond au contexte politique interne ? Ces questions n’ont pas de réponse générique. Elles dépendent de chaque organisation.
Pour aller plus loin sur les profils disponibles et leurs spécificités : Chief Data & AI Officers issus des Big Tech → et Rémunérations des CDO en 2025 →
La vraie question
Remplacer un CDO n’est jamais une décision facile. Mais attendre trop longtemps — par prudence, par loyauté mal placée ou par manque de visibilité sur les alternatives — a un coût réel : crédibilité de la fonction data érodée, équipes désengagées, investissements gâchés.
La question pertinente n’est pas « faut-il remplacer ? » mais « combien de temps puis-je me permettre d’attendre avant d’agir ? »
Si vous reconnaissez trois signaux ou plus dans cette liste, un échange de 30 minutes suffit souvent à clarifier la situation et les options disponibles. Discuter avec Florent Cattaneo, Associé Fondateur →
Uman Partners est le seul cabinet d’executive search et de management de transition exclusivement dédié aux fonctions Data et IA depuis 2012. Nous accompagnons les COMEX sur des décisions RH à fort enjeu et constituons le vivier le plus qualifié de talents data de haut niveau sur le marché français.
Nous contacter
Entreprises, Institutions, Talents : contactez-nous ici ou directement via nos pages Linkedin